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Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /Août /2007 01:13
Aujourd'hui nous ne nous presserons pas, nous émergeons difficilement aux alentours de midi. Plus de jetlag, nous profitons de nos nuits.

Noriko et Takashi sont, eux, debout depuis longtemps. Ce midi, Noriko nous demande ce que nous voulons manger. Il y a plusieurs alternatives de livraisons à domicile, mais une en particulier nous tente : le kamameshi.

Le principe du kamameshi est le suivant. On fait cuire du riz et des légumes/viandes/poissons dans un pot en terre cuite fermé. Le tout marine ainsi pendant un petit moment, ce qui donne au riz un parfum très agréable.
Il est possible de trouver le kamameshi au restaurant, mais cette fois, nous allons nous faire livrer à domicile. Nous sommes d'ailleurs assez étonnées de voir que nous pouvons faire cela, on nous livre tout le matériel, et nous feront cuire nos aliments nous même.

Comme cela prendra un peu de temps pour que la livraison n'arrive, nous partons avec Takashi à l'assaut de la pharmacie la plus proche, en quête d'un certain nombre de choses qui figurent sur nos listes : masques anti-pollution (très populaires au Japon !), petits sacs auto-chauffants pour les mains/le dos/les pieds, brosse-à-dents en tissu que l'on emporte avec soi et bien d'autres gadgets japonais impossibles à trouver chez nous.
Mais la mission doit s'effectuer rapidement : nous voulons être rentrées à temps pour pouvoir cuisiner nos kamameshi, faute de quoi Noriko devra le faire seule.
Dans la pharmacie, nous sommes fascinées par tant de produits inconnus et le pauvre Takashi est sollicité à droite comme à gauche pour des explications approfondies des produits.
La première pharmacie n'a pas tout ce que nous cherchions, il faut aller dans la seconde.
Nous perdons ainsi pas mal de temps, et au final arriverons les sacs chargés d'affaires, mais trop tard : Noriko a déjà mis les aliments à cuire. Heureusement, elle a immortalisé ça en vidéo !

Kamameshi
Video sent by Estelleo
Après cette nouvelle découverte culinaire, par ailleurs fortement recommandée, nous envisageons de nous poser la question : "qu'allons nous faire cette après-midi ?". De toute évidence, nous n'avons pas tellement de temps devant nous, et nous ne voulons pas nous charger. De notre liste, nous choisirons donc de refaire un tour sur Omote-Sando pour finir nos achats à l'Oriental Bazaar, puis nous tenterons une excursion au Beam Building.
Par Estelle au Japon - Publié dans : voyagenippon
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Mardi 21 août 2007 2 21 /08 /Août /2007 21:31
6h20, le réveil sonne.
Comme à mon habitude je n'entends rien.

"Estelle...Claire..."
"Hmmmmm !"

Dur dur ce matin.
J'hésite à dire que je veux dormir plus longtemps, mais je me dis que je n'ai pas l'occasion d'assister à une cérémonie religieuse au Japon tous les jours. Un petit effort !
Habillés et chaussés, nous laissons Noriko dormir, tandis que nous sortons du temple principal pour rejoindre celui ou se déroule la prière.
Assises près de la porte du temple, dans le silence le plus complet, nous écoutons les moines chanter et prier. Une fois de plus, je suis sous le charme. Moi qui pensais céder à la fatigue pendant le service, je suis pourtant bien réveillée, mais le froid y est sans doute pour quelque chose.
Après le service, qui fut en réalité assez court, nous posons quelques questions aux moines qui gentillement nous expliquent l'histoire du temple.
Puis nous faisons un tour du parc, et rentrons au temple : Noriko doit nous attendre pour le petit déjeuner.
La voilà qui est prête, nous descendons rejoindre la salle de petit-déjeuner. Une fois de plus, rien à voir avec le temple précédent, ici c'est vraiment une grande salle, on se croirait un peu dans un temple-usine vu le nombre de places qu'il y a.
Ce matin, le petit déjeuner est encore différent, plus riche peut-être.
Au menu, de gauche à droite, une salade d'algues avec une prune salée, un bol pour mettre le riz (qui est dans la petite boite noire tout à fait à droite); un bol pour le thé vert.
Au dessus, des lamelles sèchées d'algues, pour envelopper le riz (je raconterai ca plus tard), et du saumon fumé salé.
Plus haut, à gauche, un oeuf poché dans une sauce douce au soja (froid), et un bouillon dans lequel il faudra tremper les cubes de tofu qui sont en train de cuire dans le pot en terre qui est sur la droite, grâce à la spatule que vous voyez sur la gauche. Autant vous dire que pour un petit matin à 7h30, les exercices d'enroulement du riz avec les feuilles d'algue à l'aide de baguettes, ainsi que le transport du tofu (aussi mou que de la gelée) depuis son pot en terre jusque dans la sauce soja, ca n'était pas gagné !

Une fois de plus, je me régalerai de ce festin et aujourd'hui encore je me rappelle de la satisfaction de mon palais, en dégustant le saumon.
Ahhh...de toute ma vie, je ne pense pas en avoir mangé d'aussi bon ! Claire a un peu plus de mal, mais commence à s'y faire doucement.
Après ça, nous remontons à la chambre et plions bagage, sans oublier de prendre un des kimonos en otage. Ce même kimono trône aujourd'hui dans ma salle de bains et j'en fais bon usage.
Mais avant de quitter les lieux, je réalise mon fantasme japonais absolu et essaie les chaussures des moines qui sont rangées conscienscieusement à l'entrée. La posture est due au fait que garder l'équilibre avec ces bouts de bois aux pieds est tout bonnement impossible !
Aujourd'hui nous n'avons pas beaucoup de temps à dédier aux visites culturelles, notre train pour Tokyo part à 14h30. Il nous faut choisir entre plusieurs options, nous partirons donc visiter le temple Ninnaji, puis le temple Sanjusangen-do.

Ninnaji
Au temple Ninnaji, nous sommes accueillis par d'énormes statues guerrières qui représentent deux nio, Kongorikishi (Ungyo) and Shukongoshin (Agyo), ce sont les gardes de la porte principale du temple.

Fondé dans 888 comme résidence impériale, seules quelques structures anciennes ont survécu, les autres ont du être reconstruites. Ce temple est célèbre pour son jardin de période Edo, et par sa taille impressionnante.
On a un peu l'impression d'un grand temple tout-en-un, car plusieurs temples sont reliés par des passerelles en bois, qui sont de toute beauté.
Ce jour là, nous avons de la chance, non seulement nous pouvons admirer les murs peints du temple, mais il y a aussi une exposition d'Ikebana, l'art de l'arrangement floral.
Je n'en dirai pas plus au sujet de ce temple, je vous laisse vous imprégner de l'atmosphère en regardant la vidéo.

Temple Ninnaji
Video sent by Estelleo
Nous n'irons pas jusqu'à la pagode que vous voyez derrière les arbres, car nous manquons de temps. Il faut reprendre le bus pour visiter le Sanjusangen-do.

Sanjusangen-do
Le Sanjusangen-do, "Pavillon des trente-trois intervalles", tire son nom des 33 travées entre les piliers qui composent le batiment. C'est la plus longue structure en bois du monde : 118,22 mètres. Ce temple renferme 1001 statues de bois représentants des divinités bouddhistes sculptées à l'identique.
(© http://strider.mjjprod.free.fr/japon/Sanjusangendo%201.jpg)
La grande statue principale occupe le centre. Elle représente Jûichimen Senju (11 visages, 1000 bras) Kannon aux yeux de cristal, sculptée en 1254 et terminée, ainsi que le reste, après plus de 100 ans de travail.
(© http://www.geocities.com/SiliconValley/Ridge/1120/kyoto/sanjusangendo.jpg)
A sa gauche comme à sa droite se trouvent disposées dix rangées de cent statues dorées de Senju Kannon (Kannon aux mille bras), déesse de la miséricorde, de taille humaine.
Formées d'un assemblage de pièces de bois sculptées puis recouvertes d'une couche d'or, ces statues ne possèdent pas mille bras mais seulement 21 paires de bras, chaque paire représentant 50 vies à sauver dans l'univers bouddhiste.

De chaque côté de la statue de Kannon assise sont également disposées trente autres sculptures. Elles représentent les 28 saints serviteurs de Kannon (on retrouve les deux gardiens traditionnels des temples bouddhistes : Raijin, le dieu du tonnerre, et Fûjin, le dieu du vent). Ci dessous, Raijin.
(© http://www.geocities.com/SiliconValley/Ridge/1120/kyoto/raijin.jpg)
Comme il n'est pas permis de prendre des photos à l'intérieur du bâtiment, celles que vous trouvez sur ce site viennent d'une recherche internet.

Cet univers fait de statues toutes semblables mais pourtant toujours un peu différentes nous fascine. Nous parcourons l'allée en long et en large.  Respect pour ceux qui ont passé autant de temps à sculpter ces statues.

Puis arrive le moment de repartir, direction la gare de Kyoto !
Et c'est là, contre toute attente, que nous verrons une geisha :
Le temps de prendre nos lunch box pour le trajet du retour, et c'est l'heure de monter dans le Shinkansen.
Cette fois ci nous n'avons pas pu avoir de places face à face, mais le trajet sera aussi confortable qu'à l'aller.
J'essayerai un sandwich de type très japonais : le sandwich "poche" (voir photo), au gratin de pommes de terre. Je préfère vous prévenir: n'achetez pas ça. Les japonais sont les rois du marketing.

Arrivés à Tokyo, nous laissons Noriko et Takashi rentrer à l'appartement. De notre coté, nous allons faire un tour à Yodobashi Cameras. D'après mon guide Lonely Planet, on y trouve tout ce qu'on cherche, et qu'on ne cherche pas en rapport avec la photo. Etant donné que cette activité figure sur notre To Do List, nous préférons la rayer de la liste ce soir, plutot que de rentrer directement : ca sera ca de moins à faire.
Ce qu'il me manque exactement ? De quoi faire tenir mon cache, une lentille de protection, peut être des filtres, un trépied...
Nous nous mettons en chemin. D'après les instructions et le plan que nous avons, trouver le magasin devrait se faire les doigts dans le nez (enfin, pas littéralement, sinon nous serions déportées pour trouble de l'ordre public, comme dit si bien Alex).
Pleine d'espoir que cette fois nous parvenions à trouver un endroit sans l'aide de l'autochtone, je marche avec dynamisme hors du métro. Voilà, c'est là qu'il faut faire preuve d'ingéniosité pour savoir ou se diriger.
Les yeux équarquillés devant la carte du quartier qui se trouve devant nous, nous comprenons qu'une fois de plus, ca ne va pas être simple. Le plan, heureusement, nous indique bien les rues, et nous partons donc à l'assaut du quartier de Shinjuku.
Malheureusement, après quinze minutes de marche autour de la place ou nous nous trouvions, force est de constater que nous sommes perdues !
Dans une petite rue sombre, un gros logo flashy nous tend ses bras, c'est une agence de location de voiture. Ils pourront sans doute nous aider. Mais une fois de plus, grosse déception, personne ne parle anglais !
Sauf cette cliente qui est venue rendre ses clefs, et qui nous dit même de la suivre, elle va nous y mèner. Perplexes devant tant de sympathie, nous nous disons qu'il ne faudrait pas que cette japonaise, dans un moment de serviabilité niponne, ne traverse toute la ville pour nous...
Bref, quelques minutes plus tard, elle nous indique une petite rue, "c'est là". Nous la remercions de nous avoir tirées de ce mauvais pas, elle reprend son chemin.

PHOTO
Devant nous s'élance un gratte-ciel imposant, au pied duquel nous trouverons Yodobashi Camera. "Eh bien, les japonais, quand ils vendent des appareils photos, ils n'y vont pas de main morte !". En effet, il y a 9 étages de matériel photo et une superficie au sol énorme ! Il parait qu'ils vendent 500-600 appareils photo par jour.
Claire qui est fatiguée de la journée et qui me connait bien craint déjà le pire : des heures passées dans cet endroit, ca ne va pas être du domaine du possible. Je la rassure, je suis moi aussi fatiguée, nous écourterons le plus possible.
Seulement, en disant celà, je ne prenais pas en compte mon ignorance de l'organisation japonaise. Une fois mes accessoires trouvés (et donc une exploration approfondie de tous les étages), je demande à voir les trépieds. Le vendeur s'en va d'un pas dynamique. Nous descendons tous les étages, je commence à me demander si c'est bien normal, peut être allait-il se renseigner...Arrivées au rez-de-chaussée, il se poste à l'entrée, pointe le doigt dehors, vers la droite.
Comment ca...? Quoi, il n'en a pas ? Dans ses 9 étages il n'a pas de trépied ? Nous indique-t-il un magasin concurrent susceptible d'en avoir ?
Nous tentons de comprendre. C'est peine perdue, et devant sa persistence à montrer du doigt en s'exclamant diverses allitérations, le magasin d'à coté, nous allons voir. Il s'agit en fait d'un autre magasin Yodobashi Camera. Quelques étages plus haut, on me dit qu'acheter un mini trépied de voyage pour un appareil aussi lourd ne fera pas l'affaire. "Il en faut un comme ceux là", dit le vendeur qui me montre les trépieds de photographes professionnels. J'abandonne l'idée, je ne vois pas comment je pourrais le rapatrier, et puis j'ai assez dépensé.

Synchronisation des montres, il est 20 heures. Le temps de rentrer à l'appart il sera bien 21h30. Il est donc plus qu'indiqué de prendre un snack pour le chemin du retour. J'ai envie de salade, Claire est tentée par un hamburger. Rien ne nous fera envie à Shinkuju, nous espérons trouver de quoi faire dans le métro.
En partant de Shinjuku, nous aurons la chance de vivre l'expérience du bain de foule japonais : impressionnant ! Les photos prises du milieu de la masse traversant le passage clouté ne rendent rien, je vous laisse regarder la vidéo, vue du haut.
VIDEO

Après ces expériences typiquement locales, nous rentrerons tout raconter à Noriko et Takashi, qui aiment beaucoup écouter les récits de nos périples en civilisation nipponne.
Demain est un autre jour, et pour une fois, il sera moins chargé ! Ouf !
Par Estelle au Japon - Publié dans : voyagenippon
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